Peter Grimes – Britten

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Compositeur Benjamin Britten
Librettiste Montagu Slater, d’après un poème de George Crabbe.
Genre Opéra en 3 actes
Création au Sadler’s Wells Theatre de Londres le 7 juin 1945
Personnages Peter Grimes, pêcheur (Ténor) John, son apprenti (rôle muet) Ellen Orford, veuve, maîtresse d’école à The Borough (Soprano) Le capitaine Balstrode, capitaine à la retraite (Baryton) Auntie, propriétaire de l’auberge « The Boar » (Soprano) Bob Boles, pêcheur et pasteur méthodiste (Ténor) Swallow, avocat (Basse) Mrs. Sedley, veuve d’un agent de la Compagnie des Indes Orientales (Mezzo-soprano) Le révérend Adams (Ténor) Ned Keene, apothicaire et guérisseur (Baryton) Le docteur Thorp (rôle muet) Carter Hobson, roulier (Basse)
Argument

L’opéra de Benjamin Britten (1913-1976) Peter Grimes ressemble au pays natal du compositeur, la Grande-Bretagne, une île entourée de mers souvent difficiles. Non seulement l’action se déroule-t-elle dans une petite ville côtière, et parmi des gens de mer, mais le compositeur ne cesse d’y faire entendre la riche gamme des sonorités insulaires, notamment dans les célèbres « Sea Interludes », épisodes instrumentaux souvent interprétés en concert et qui l’évoquent aux moments les plus variés.: à l’aube, un dimanche matin, au clair de lune, pendant la tempête, etc.

Ces « interludes » ponctuent les moments décisifs de l’histoire navrante de Peter Grimes, qui est lui aussi comme une île perdue dans la tempête. Peter, un pêcheur de profession, est une grande âme solitaire, assoiffé d’absolu. Mais il est également un mésadapté social, un « misfit ý à la mentalité bizarre et inflexible et aux façons gauches et brusques, que presque tous les membres de la communauté à laquelle il se rattache sans vraiment y appartenir ont depuis longtemps rejeté. Pour son malheur, il est totalement incapable d’entretenir des rapports normaux avec qui que ce soit, même avec les rares individus qui lui tendent une main secourable.

Lorsque l’opéra commence, une enquête du coroner est en cours. Le jeune apprenti de Grimes a péri en mer dans des circonstances obscures et le pêcheur, sommé de jeter la lumière sur ces événements, se défend si mal qu’il devient l’objet de soupçon. Ses concitoyens, qui ne l’ont jamais aimé, se mettent à lui être de plus en plus ouvertement hostiles. Une dynamique malsaine s’enclenche. Progressivement, elle rendra inéluctable la tragédie finale — le suicide, par noyade dans une mer démontée, de celui que ses semblables ont décidé d’exclure.

Cette trame dramatique n’est pas sans rappeler celle d’un chef-d’oeuvre de l’opéra français, le Werther de Massenet. Sur certains points, la ressemblance est même étonnante. Que l’on songe, par exemple, au personnage central de Barstrode, capitaine à la retraite — un brave homme, au demeurant — et qui d’abord paraît bien disposé envers Grimes, comme Albert à l’égard de Werther. Mais éventuellement, Barstrode, comme Albert, en vient à percevoir Grimes comme une menace, bien réelle car, si le paria ne peut vraiment être tenu moralement responsable de la mort d’un premier, puis d’un deuxième apprenti, il en est indéniablement la cause. Barstrode, à l’instar d’Albert, finit par se convaincre et puis par convaincre Grimes lui-même que « la seule solution » pour un homme comme lui, c’est de mettre fin à ses jours. Albert avait envoyé les pistolets demandés à Werther pour qu’il en fasse bon usage.; Balstrode suggérera à Grimes de prendre la mer dans sa barque et de s’y saborder.

La principale différence d’avec Werther est que, tandis que Massenet se complaît dans le pathologique, Britten envisage tout le problème Grimes du point de vue de la conscience éthique. Cette conscience est incarnée par l’institutrice locale, Ellen Orford — une femme sympathique, animée de bonnes intentions, mais ultimement impuissante, parce qu’alors même qu’elle voudrait donner à Grimes une chance de se racheter, elle ne peut s’empêcher de le juger.

Peter Grimes est un opéra que l’on doit écouter, regarder, comme on suit un drame psychologique poignant. Si l’on apprécie ce genre de dramaturgie, on n’aura pas besoin d’être un amateur d’opéra pour se laisser captiver par l’univers musical de cette œuvre, où la musique colle au drame et où Britten se révèle l’égal des plus grands maîtres du théâtre lyrique. À vrai dire, ce sont les amateurs d’opéra formés à l’écoute du grand répertoire romantique qui seront peut-être un peu plus réticents à se laisser séduire par les sonorités « moderne » de cette œuvre qui n’est pourtant plus si jeune. (Elle a été composée pendant la Deuxième Guerre mondiale.) Même si la partition ne comporte pas d’airs à proprement parler, elle est extrêmement lyrique et passionnée. Il suffit de se faire l’oreille à ce langage nouveau, mais qui ne recèle pas moins de beautés dramatiques et mélodiques que ceux de Wagner, de Massenet ou de Puccini, et dont il est beaucoup moins éloigné qu’on serait d’abord porté à le croire. Les chœurs, représentant la collectivité, sont très présents.

Source argumentt : Pierre M. Bellemare (http://www.scena.org/)

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Edward Benjamin Britten


Benjamin Britten est né le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Ses parents habitaient Lowestoft, un port de pêche d’Est-Anglie et leur maison faisait face à la mer du Nord. À part un bref séjour aux États-Unis et ses différents voyages, il habitera toujours cette région anglaise qui inspirera nombre de ses œuvres. Son père, chirurgien-dentiste, interdit chez lui la radio et le gramophone de façon à inciter les membres de sa famille à pratiquer la musique. Sa mère, chanteuse et pianiste amateur, lui apprend à en jouer. À cinq ans, il compose sa première pièce musicale. Sa maîtresse d’école lui enseigna également le piano lorsqu’il eut huit ans. Les musiciens qui se produisaient dans la région venaient souvent habiter chez les Britten. À 15 ans, il compose Quatre chansons françaises pour soprano et orchestre sur des poèmes de Victor Hugo et de Paul Verlaine, dédiées à ses parents pour leur 27e anniversaire, premier cycle de mélodies dans une langue étrangère. Dès onze ans, il avait étudié l’alto avec Audrey Alston, future dédicataire de la Simple Symphony.

À l’âge de treize ans, Benjamin Britten est envoyé en pension à la Gresham’s School de Norfolk. En 1927, il devient l’élève de Frank Bridge pour la composition dont il avait entendu The Sea en 1924 lors du Festival de musique de Norwich, grâce à Audrey Alston. Il passe toutes ses vacances scolaires chez les Bridge. En 1929, à seize ans, il étudie, en obtenant une bourse, au Royal College of Music de Londres. Son opus n° 1, la Sinfonietta pour dix instruments, est créée à Londres et semble, malgré son évidente originalité, influencée par Arnold Schönberg — dont il a réclamé en vain l’achat de la partition du Pierrot lunaire par son Collège. Ayant obtenu sa licence en 1932, il veut se rendre à Vienne pour étudier avec Alban Berg mais la direction du Collège le déconseille à ses parents, en raison de l’influence prétendument néfaste de ce compositeur moderne. Son premier ouvrage publié, la Simple Symphony est un succès et Phantasy, op. n° 2, un quatuor pour hautbois et cordes est créé par Léon Goossens et représente en 1934 l’Angleterre au Festival de Florence organisé par la Société internationale pour la musique contemporaine2.
De 1935 à 1939, il est engagé comme compositeur et directeur musical par la Documentary Cinema Company qui dépend de la Poste britannique. En 1936, il y fait la connaissance de W. H. Auden qui écrit le scénario de Night Mail (1936), puis collabore avec lui notamment sur le cycle musical Our Hunting Fathers. Pendant un voyage d’Auden aux États-Unis, en 1936, il rencontre le ténor Peter Pears, son futur compagnon et partenaire qui aura une grande influence dans sa vie musicale et à qui il dédicacera plusieurs œuvres tout au long de sa vie. La création de ses Variations sur un thème de Frank Bridge, op. 10 en 1937 au Festival de Salzbourg marque son premier succès international et son entrée dans le monde musical. En 1938, il compose la musique de scène de L’Aigle à deux têtes de Jean Cocteau et un concerto pour piano.

Accompagné de Peter Pears, il s’exile aux États-Unis peu avant la Seconde Guerre mondiale, de 1939 à 1942. Il y compose Paul Bunyan, une opérette écrite pour les étudiants de l’université Columbia sur un scénario de W. H. Auden, mais également Les Illuminations. Il y termine le concerto pour violon (1939) et compose la Sinfonia da Requiem, le concerto Diversions, les Sept sonnets de Michel-Ange ainsi que son premier quatuor (ce dernier commandé par Elizabeth Sprague Coolidge). Serge Koussevitzky l’encourage à écrire son premier opéra qui sera Peter Grimes et qui deviendra l’opéra le plus populaire de la moitié du xxe siècle (terminé seulement en février 1945 et créé en juin de la même année par le Sadler’s Wells Opera). Après 1942, il retourne au Royaume-Uni où il bénéficie du statut d’objecteur de conscience. Au cours de la traversée en bateau, il compose A Ceremony of Carols. Roger Lalande entreprend de faire découvrir Britten en France. Le Viol de Lucrèce un opéra de chambre où débute Kathleen Ferrier est créé lors du Festival de Glyndebourne en 1946.

Il crée l’English Opera Group en 1947 avec l’objectif de la renaissance de l’opéra anglais. En 1948, il crée à Aldeburgh (Suffolk), où il réside3, un festival auquel il associe pendant les années 1960 l’English Chamber Orchestra, notamment lors de la création de plusieurs œuvres, telles Le Songe d’une nuit d’été, Owen Wingrave ou Curlew River (« La Rivière aux Courlis »). Britten y invite ses amis, Mstislav Rostropovitch et Sviatoslav Richter notamment. Il devient également ami de Dmitri Chostakovitch qui lui dédicacera sa 14e Symphonie. De nombreux enregistrements de concerts ont été édités par la BBC, avec Britten à la direction ou en soliste (au piano plus souvent).

Il est anobli par la reine en 1973 (baron) et devient Lord of Aldeburgh. Il a été décoré de l’Ordre du Mérite et de l’Ordre des compagnons d’honneur. En 1974, il reçoit le Prix Ernst von Siemens.

 


 

 

 

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