Adolphe-Charles Adam
Adolphe Charles Adam, né le 24 juillet 1803 à Paris où il est mort le 3 mai 1856, est un compositeur français.
Biographie
Son père, Johann Ludwig Adam, connu sous le nom de Jean-Louis Adam, était un pianiste et compositeur alsacien, professeur de piano au Conservatoire de Paris. Mauvais élève, Adam désertait les cours avec un cancre de la même envergure, Eugène Sue. Adolphe Adam, après avoir commencé d’étudier la musique en cachette de son père, entra au Conservatoire de Paris en 1817, fut élève de Boieldieu mais n’hésita pas à user de subterfuges pour se faire connaître : il travaillait le soir à l’orchestre du Gymnase, allant jusqu’à reverser ses cachets à ceux qui acceptaient de se faire remplacer et écrivait des chansons et musiques de circonstances pour autrui. Malgré – grâce à ? – ces facéties, il acquit assez de métier pour devenir lauréat du second prix de Rome en 1825.
Adolphe Adam choisit la carrière qui conduisait alors le plus sûrement à la renommée et à la fortune : celle de compositeur lyrique. Son maître, Boieldieu, l’orienta vers l’opéra-comique, genre alors en pleine mutation. Peu à peu, sa renommée s’accrut. Les critiques élogieuses du Brasseur de Preston parvinrent aux oreilles du tsar et Adam gagna Saint-Pétersbourg en 1839, où il fut accueilli par son propre ballet La Fille du Danube. Il composa pour la cavalerie L’Écumeur des mers (Morskoï Rasbonick). Adam, considéré comme le digne successeur de Boieldieu, qui fut maître de chapelle à Saint-Pétersbourg, se vit proposer par le tsar la même fonction, mais la déclina.
En 1844, il fut nommé membre de l’Académie des beaux-arts en composition musicale. En 1847, suite à une dispute avec la direction de l’Opéra-Comique, il fut l’instigateur de la création du Théâtre-National, installé dans la salle du Cirque-Olympique ; ce théâtre avait pour premier but, fort louable, d’accueillir les jeunes compositeurs ne parvenant pas à faire jouer leurs ouvrages ailleurs. Le premier à en bénéficier fut Louis-Aimé Maillart, dont l’opéra Gastibelza ouvrit le premier rideau de cette nouvelle scène lyrique (seul son opéra-comique Les Dragons de Villars est aujourd’hui connu). Malheureusement, la révolution ruina ces belles tentatives : le Théâtre-National fut fermé en 1848 et, afin d’apurer les dettes, Adam dut trouver d’autres sources de revenus et se mit à écrire des articles. L’année suivante, il succéda à son père comme professeur de piano au Conservatoire. Bien qu’Adam ne fût plus endetté en 1853, il continua d’exercer ces tâches jusqu’à sa mort, quelques jours après la création aux Bouffes-Parisiens de son opérette, Les Pantins de Violette.
Ses œuvres
La majorité des œuvres d’Adam n’eurent qu’un succès éphémère, notamment ses nombreuses chansons et pièces pour piano, quelques arrangements et orchestrations d’œuvres d’autres compositeurs (Grétry et Monsigny, notamment, à la demande de Louis-Philippe lui-même : il était donc difficile de refuser, ce qui n’empêcha pas le jeune Richard Wagner d’écrire une violente critique à ce sujet), quelques cantates scéniques, et autres œuvres vocales profanes et sacrées.
Le Cantique de Noël, sur des paroles de Cappeau de Roquemaure, demeure toutefois célèbre aujourd’hui sous le nom de « Minuit, chrétiens ». Néanmoins Adam ne semble pas y avoir attaché une grande importance, car il n’en dit pas un mot dans ses deux volumes de souvenirs.
Adam connut le succès grâce à plus de 70 compositions lyriques, dont 40 opéras, 14 ballets et de nombreuses opérettes et vaudevilles. Pour l’Opéra de Paris, il composa Richard en Palestine, La Bouquetière et Le Fanal, qui ne remportèrent pas un grand succès. Ses opéras les plus fameux sont Le Roi d’Yvetot, Giralda ou la Nouvelle Psyché, Si j’étais roi, Le Chalet – son œuvre la plus populaire en France et à propos de laquelle Boieldieu écrivit « Je voudrais que cette musique fût de moi » – et Le Postillon de Longjumeau, encore plus populaire à l’étranger, au point d’avoir été souvent copié mais pas toujours avec bonheur. En Italie, Il Postiglione di Longjumeau fut un four et dut être retiré dès le troisième soir. À Madrid, la zarzuela de Cristobal Oudrid, El Postillon de la Rioja, n’obtint qu’un succès d’estime. Aujourd’hui, Le Postillon de Longjumeau n’est pratiquement plus joué en France, mais conserve un indéniable engouement en Allemagne sous le titre Der Postillon von Longjumeau.
Parmi ses 14 ballets, les plus connus sont Le Diable à quatre, La Jolie Fille de Gand, La Filleule des fées, Le Corsaire et surtout Giselle, ou les Wilis (1841), qui met en scène les amours malheureuses de la jeune paysanne Giselle et du duc Albrecht. Il est d’ailleurs juste de rappeler que le seul autre premier ballet romantique ayant survécu à l’oubli, fut La Sylphide, de 1832, sur une exceptionnelle chorégraphie novatrice de Paul Taglioni, mais une médiocre partition de Jean Schneitzhoeffer. Musicalement, Giselle introduit le principe, encore léger mais bien réel cependant, du leitmotiv. C’est le premier ballet à établir et maintenir une ambiance, une atmosphère, dégageant la partition de son rôle unique jusqu’alors de « fournisseuse de rythmes » (voir les pages de Schneitzhoeffer justement, de Minkus, de Pugni…). Par leurs qualités, les ballets d’Adam amorcent le renouveau de la musique de ballet où brilleront plus tard Delibes, Lalo, Messager et tant d’autres. Tchaïkovski lui-même relisait toujours la partition de Giselle avant d’écrire un nouveau ballet et disait de cette œuvre : « C’est un bijou, poétique, musical et chorégraphique. » Présent lors de la création de Giselle, Richard Wagner, jeune critique encore inconnu, correspondant d’un journal de Dresde, se borna à railler la frivolité française, sans rien repérer d’autre…
Principales œuvres :
Adolphe Adam (Royal College of Music, London).
Ballets
* La Chatte blanche en collaboration avec Casimir Gide, créé à Saint-Cloud le 26 juillet 1830
* Faust créé à Londres en février 1833
* La Fille du Danube créé à Paris le 21 septembre 1836
* Les Mohicans créé à Paris le 5 juillet 1837
* L’Écumeur des mers ou Morskoï Rasbonick, créé à Saint-Pétersbourg le 21 février 1840
* Les Hamadryades opéra-ballet (1840)
* Giselle, ou les Wilis créé à Paris le 28 juin 1841
* La Jolie Fille de Gand créé à Paris le 22 juin 1842
* Le Diable à quatre créé à Paris le 11 août 1845
* The Marble Maiden (La Fille de Marbre) créé à Londres le 27 septembre 1845
* Griseldis ou les Cinq Sens créé à Paris le 16 février 1848
* Le Filleule des fées créé à Paris le 8 octobre 1849
* Orfa créé à Paris le 29 décembre 1852
* Le Corsaire créé à Paris le 23 janvier 1856
Opéras-comiques
* Le Mal du pays ou la Bâtelière de Brientz (1827)
* Le Jeune Propriétaire et le Vieux Fermier (1829)
* Pierre et Catherine (1829)
* Danilowa (1830)
* Les Trois Catherine (1830)
* Trois jours en une heure (1830)
* Joséphine ou le Retour de Wagram (1830)
* Le Morceau d’ensemble (1831)
* Le Grand Prix ou le Voyage à frais communs (1831)
* Casimir ou le Premier Tête-à-tête (1831)
* His First Campaign (1832)
* The Dark Diamond (1832)
* Le Proscrit ou le Tribunal (1833)
* Une bonne fortune (1834)
* Le Chalet (1834)
* La Marquise (1835)
* Micheline ou l’Heure de l’esprit (1835)
* Le Postillon de Lonjumeau (1836)
* Le Fidèle Berger (1838)
* Le Brasseur de Preston (1838)
* Régine ou les Deux Nuits (1839)
* La Reine d’un jour (1839)
* La Rose de Péronne (1840)
* La Main de fer ou Un mariage secret (1841)
* Le Roi d’Yvetôt (1842)
* Lambert Simnel (1843)
* Cagliostro (1844)
* Richard en Palestine (1844)
* La Bouquetière (1847)
* Les Premiers Pas ou les Deux Génies ou les Mémoires de la blanchisseuse (1847)
* Le Toréador ou l’Accord parfait (1849)
* Le Fanal (1849)
* Giralda ou la Nouvelle Psyché (1850)
* Le Farfadet (1852)
* La Poupée de Nuremberg (1852)
* Si j’étais roi (1852)
* Le Sourd ou l’Auberge pleine (1853)
* Le Roi des halles (1853)
* Le Bijou perdu (1853)
* Le Muletier de Tolède (1854)
* À Clichy, épisode de la vie d’un artiste (1854)
* Mam’zelle Geneviève (1856)
* Falstaff (1856)
* Les Pantins de Violette (1856)
Bibliographie
Adolphe Adam a laissé deux volumes de souvenirs, publiés après sa mort : Souvenirs d’un musicien (Paris, 1857) et Derniers souvenirs d’un musicien (Paris, 1859). Ces deux ouvrages ont été réédités en 1871.
L’éditeur genevois Minkoff a également publié vers 1973 un autre ouvrage d’Adolphe Adam, Lettres sur la musique française, ainsi qu’une biographie du musicien, écrite par Arthur Pougin en 1877 et intitulée Adolphe Adam, sa vie, sa carrière, ses mémoires artistiques.
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