La bohème – G. Puccini


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Compositeur Giacomo Puccini
Librettiste Giacosa et Illica
Genre Opéra en 4 actes
Création le 1er février 1896 au Teatro Regio de Turin
Personnages Rodolfo, poète (ténor) Mimì, couturière (soprano) Marcello, peintre (baryton) Schaunard, musicien (baryton) Colline, philosophe (basse) Musetta, chanteuse (soprano) Benoît, propriétaire (basse) Alcindoro, conseiller d’État (basse) Parpignol, vendeur de jouets (ténor) Un sergent des douanes (basse) Étudiants, ouvrières, vendeurs de rue, soldats, serveurs, enfants
Argument

Un ton, un rythme, des répliques qui fusent, des airs de pure volupté, un orchestre qui scintille et se love dans les voix : ce sont, jetées avec un sens de l’invention et de la concision extraordinaire, quelques-unes des formules géniales de Puccini qui courent d’un bout à l’autre dans La Bohème. Au départ : un roman plaisant d’Henry Murger. Au final : deux heures de mélodrame parmi les plus belles et populaires de tout le répertoire italien. L’éclat et le lyrisme de Puccini se doublent d’un sens aigu du paroxysme et d’une passion gourmande des voix ; l’orchestre, lui, procède par touches et par climats et, dans un discours où les airs s’imbriquent avec une merveilleuse fluidité, emporte tout sur son passage : le spectateur est happé par les rouages de cette mécanique, puis ému aux larmes par un théâtre qui n’est que vie et effusion des sentiments.`

Résumé

A Paris, au XIXe siècle. Une bande d’étudiants sans le sou compte sur les joies de la vie pour égayer un peu son quotidien misérable, car manger, se chauffer ou payer son loyer tient du luxe ! La tendresse de la petite cousette Mimi apporte lumière et chaleur au poète Rodolfo : tous deux vivent passionnément leur coup de foudre et font connaître leur amour à leurs amis durant la soirée de Noël. Le peintre Marcello, lui, est habitué aux coups d’éclat avec Musette, sa maîtresse volage : leur couple forme un contrepoint plein d’humeur à celui, plus mélodramatique, de Mimi et Rodolfo, qui finissent par rompre, bien malheureux de ne réussir à s’entendre. En fait, Mimi se sait condamnée par la phtisie qui la ronge peu à peu. Bien que séparée de Rodolfo, elle viendra expirer dans ses bras, sous les yeux des bohèmes, incapables de la soigner dans leur triste mansarde du Quartier Latin.

Acte 1

C’est la nuit de Noël à Paris, et la vraie vie de bohème pour quatre étudiants sans le sou du Quartier Latin : il y a là Rodolfo, le poète, Marcello, le peintre, Schaunard, le musicien, et Colline, le philosophe, et ils sont aussi transis qu’affamés. Tous partent réveillonner à l’extérieur – tous sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. Ce dernier reçoit la visite de la cousette Mimi, sa voisine, en quête d’une chandelle et du grand amour. Rodolfo et elle se présentent tour à tour l’un à l’autre dans deux airs débordants de lyrisme, avant d’unir leur voix : c’est le vrai coup de foudre.

Acte 2

Mimi et Rodolfo sont venus retrouver leurs amis au Café Momus, où la fête bat son plein. La bande est rejointe par Musette, l’ancienne maîtresse de Marcello désormais au bras du vieux Alcindoro. Jalousies, prises de bec, réconciliations : la piquante Musetta sort le grand jeu pour reconquérir son Marcello, qui en pince toujours pour elle.

Acte 3

Si Marcello et Musetta passent leur vie à se chamailler, rien ne va plus en revanche entre Mimi et Rodolfo. Mimi est trop coquette et flirte avec tout le monde, se plaint Rodolfo – mais Rodolfo, lui, s’enferme dans sa jalousie, reproche Mimi. En fait, la petite cousette est phtisique, et se sait donc mortellement atteinte. Elle fait ses adieux à son amant, mais tous deux décident d’attendre le printemps pour se séparer définitivement.

Acte 4

Quelques mois se sont écoulés, et l’arrivée des beaux jours a signé la rupture entre Mimi et Rodolfo. Impossible pour les deux amis d’oublier leur maîtresse ; ils évoquent avec nostalgie les bonheurs d’hier.

Musette est arrivée accompagnée de Mimi, mourante. Pour payer un médecin à la jeune femme, les amis décident de vendre le peu qu’il leur reste, mais rien n’y fait : après de bouleversants adieux, Mimi avoue à Rodolfo qu’elle l’aime toujours et s’éteint doucement. Rodolfo s’effondre en pleurs, hurlant de désespérés «Mimi ! Mimi ! » dans une atmosphère chargée de pathos.

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Giacomo Puccini


Giacomo, deuxième du nom, est né dans une famille aisée, mais non fortunée. Il était le premier garçon d’une famille de sept enfants, cinq sœurs aînées et un frère, de cinq ans son cadet. Il poursuivit à une ou deux exceptions près les mêmes études musicales que ses illustres aïeux, tous musiciens d’église et connus par les nombreuses compositions des Tasches. On compte trente-deux œuvres à leur actif. Après la mort de son père, qui survient alors qu’il n’a que cinq ans, il est envoyé auprès de son oncle Fortunato Magi pour étudier; celui-ci le considère comme un élève peu doué et indiscipliné.

Par la suite, il devient organiste à l’église. L’inspiration pour l’opéra lui vient seulement lors d’une représentation de l’Aïda de Verdi qu’Angeloni, un de ses professeurs au conservatoire, lui fit découvrir lors de la représentation à Pise le 11 mars 1876. De 1880 à 1883, il étudie au conservatoire de Milan, où il est l’élève d’Amilcare Ponchielli et d’Antonio Bazzini.
En 1882, Puccini participe à un concours d’écriture lancé par la maison Sonzogno en 1883, pour un opéra en un acte. Bien qu’il ne remporte pas le prix avec Le Villi, ce premier opéra sera représenté en 1884 au Teatro Dal Verme de Milan, grâce à l’aide de Ponchielli et Ferdinando Fontana, et contribuera à attirer l’attention de l’éditeur Ricordi qui lui commandera un nouvel opéra, Edgar. C’est à cette époque que Puccini rencontre Elvira Gemignani (24 ans) qui deviendra sa femme et lui donnera un fils, Tonio. Malheureusement, Elvira est mariée… ce qui ne l’empêche pas de tenter sa chance. Le mari, peu soupçonneux et souvent absent, ne se méfie pas du jeune homme qui accepte avec joie de donner des cours de piano à l’épouse quand elle le lui demande (Puccini, après le succès des Villi, commence à se faire une excellente réputation). Les deux « tourtereaux » dissimulent mal leur liaison, de sorte que tout Lucques est au courant du scandale sauf le mari trompé. Le climat devenant lourd cependant, Puccini achète une villa à Torre del Lago (bien appartenant aujourd’hui à la petite-fille du compositeur), où il résidera la plus grande partie de sa vie, accompagné d’Elvira. Aussi, la critique sera-t-elle assez ironique lorsqu’Edgar, son deuxième opéra, sera représenté (avec succès), puisque l’intrigue présente beaucoup de points communs avec cette aventure vaudevillesque.

Son troisième opéra, Manon Lescaut, fut non seulement un succès, mais également le point de départ d’une collaboration fructueuse avec les librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, qui travaillèrent avec lui sur les trois opéras suivants.
En 1896, il compose un opéra, La Bohème adapté des Scènes de la vie de bohème d’ Henri Murger. Il est considéré comme l’un des meilleurs opéras romantiques. Bien qu’il contienne certains des airs les plus populaires de son répertoire, ses audaces harmoniques et dramatiques, tranchant avec le sentimentalisme de Manon Lescaut, ne parvinrent pas à séduire le public de la première qui a lieu le 1er février (malgré la direction irréprochable d’Arturo Toscanini). Les représentations suivantes assurèrent cependant au compositeur un succès mondial (sauf auprès des critiques qui préférèrent l’année suivante la version, au demeurant fort bonne, de Leoncavallo aujourd’hui supplantée par celle de Puccini), qui ne fut pas démenti.

En 1900, Tosca, représente pour Puccini la première approche du vérisme ; l’œuvre est marquée par la ferveur nationaliste, mais elle relate un drame amoureux sans s’engager sur le terrain idéologique comme les opéras de Verdi. Le contraste entre La Bohème et Tosca est tel que Puccini essuie un cinglant revers. Heureusement, lorsque Toscanini reprend l’ouvrage, le succès est au rendez-vous L’activité du compositeur ralentit et, en 1903, il est blessé à la suite d’un accident de voiture qui le rendra boiteux.

En 1904, Madame Butterfly (sur une nouvelle de David Belasco) fut accueilli avec une grande froideur lors des premières représentations, bien qu’il soit remarquablement orchestré et dirigé par Cleofonte Campanini. Cela ne l’empêchera pas de devenir un autre de ses grands succès.

En 1906, un de ses librettistes, Giacosa, meurt. En 1909, éclate un scandale : sa domestique se suicide par empoisonnement pour avoir été accusée par Elvira Gemignani, d’avoir eu une relation avec lui, ce qui est probable.

En 1910, il compose La fanciulla del West, premier opéra créé au Metropolitan Opera de New York ; l’œuvre, considérée comme le premier western spaghetti1, est dirigée par Toscanini ; elle présente une richesse orchestrale et harmonique sans égales dans l’œuvre de Puccini. Malheureusement, le succès immédiat du public (et, fait rare, également des critiques) ne se confirme pas : le thème du Far West, l’audace de son écriture et, étrangement, son « happy end », déroutent le public et les critiques. Il faudra toute la volonté d’artistes comme Dimitri Mitropoulos, Plácido Domingo, et de musicologues désireux de dépasser les clichés, pour faire sortir cette œuvre remarquable de l’oubli.
Il trittico est créé en 1918. Ce triptyque est composé de trois opéras réunis par le style Grand Guignol parisien : un épisode d’horreur Il Tabarro, une tragédie sentimentale Suor Angelica et une farce ou comédie Gianni Schicchi. Des trois, Gianni Schicchi devient le plus populaire.

Son dernier opéra, Turandot écrit en 1924 reste inachevé ; les deux dernières scènes en seront complétées par Franco Alfano. Hélas, ce finale est très contesté de nos jours car Puccini avait rêvé pour le duo final de quelque chose d’inédit et fantastique (On mesure, quand on entend le splendide Nessun dorma où le dernier air de Liù Tanto amore, segreto, l’étendue de la perte qu’a causée la maladie du compositeur). Alfano, bon compositeur pourtant, n’a pas le génie de son maître, il est donc compréhensible que l’on ne dirige aujourd’hui qu’une version écourtée du final. En 2001, un nouveau final sera réalisé par Luciano Berio.
Puccini meurt à Bruxelles en 1924, des suites cardiaques dues à son cancer de la gorge. Ses obsèques furent célébrées à l’église royale Sainte-Marie de Schaerbeek.

 


 

 

 

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