Didon & Enée – Dido & Aeneas

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Compositeur Henry Purcell
Librettiste Nahum Tate
Genre Opéra en 3 actes avec prologue
Création En Décembre 1689 à la Boarding School for Girls, à Chelsea
Personnages Didon (ou Élyssa), reine de Carthage (mezzo-soprano ou soprano) Belinda, sa confidente (soprano) Énée, prince troyen (baryton léger ou ténor) Sorceresse (mezzo-soprano ou contre-ténor) Première et deuxième sorcières, ses servantes (contre-ténor ou soprano) Un marin (ténor) Esprit (ténor ou soprano) Chœur des sujets de la cour, des sorcières et des marins
Argument

Dido et Aenas, premier véritable opéra anglais, est une œuvre unique, pleine d’audace et de fraicheur, dont il n’existe pas de manuscrit original. L’écriture et la création de Dido et Aenas restèrent longtemps une énigme et semble toujours bien mystérieuse.
On sait seulement qu’il fut représenté en 1689 dans un pensionnat privé de jeunes filles de Chealsea, près de Londres.
Cet opéra de chambre mêle magistralement, tel un Shakespeare, la comédie et la tragédie, portées par la délicatesse d’un récit qui ne laisse pas un instant de répit.

Musicalement, cette œuvre recèle un étonnant pouvoir émotionnel, où la concision n’enlève rien à la tension dramatique et où la richesse mélodique associé à un grand éventail de styles vocaux, laissent libre cours à l’effusion sentimentale. Le chant de Dido mourante, cette lamentation qui reste le sommet de l’œuvre, illustre parfaitement ce trouble qui nous étreint, suivit du chœur final aussi puissant que dans une Passion de Jean Sébastien Bach.

Résumé

Cet opéra de chambre relate la passion entre la reine de Carthage et un prince troyen, déchirés entre amour et devoir. Didon, d’abord hésitante, cède malgré tout à Enée qui, trompé par une sorcière, abandonne sa bien-aimée qui meurt de désespoir.

Acte 1

Après la destruction de Troie, Enée (ténor ou baryton aigu) fait route pour fonder l’empire de Rome. Mais une tempête le rejette avec son équipage sur les rivages de Carthage où il est recueillit par la reine Didon (soprano) dont il tombe amoureux. Séduite à son tour, elle le convainc de retarder la poursuite de son voyage.

Acte 2
Dans une grotte, la maléfique Magicienne (mezzo-soprano), par haine de la reine, imagine de renvoyer Enée sur les flots puis de déchainer une tempête afin qu’il périsse.
Alors que Didon et Enée folâtre dans la campagne, un orage éclate, Didon retourne précipitamment à Carthage, tandis qu’Enée, resté en arrière, est mystifié par un Esprit mauvais sous les traits de Mercure (ténor ou soprano), qui le persuade de repartir.

Acte 3

Alors que les sorcières prédisent la mort imminente de Didon, Enée vient lui faire ses adieux. La reine blessée par cette traitrise, le renvoie. Abandonnée et désespérée, elle meurt de chagrin et de désillusion, dans l’un des airs les plus poignants et admirable jamais écrit pour l’opéra.

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Henry Purcell


Henry Purcell (10 septembre 1659 – 21 novembre 1695) est un musicien et compositeur de musique baroque, né à Westminster et mort à Londres. On admet généralement que Purcell a été le plus grand compositeur anglais de naissance (Haendel ayant été anglais par naturalisation). Purcell a incorporé à sa musique des éléments des styles français et italien, mais a développé un style anglais particulier.

Son père Henry Purcell, était gentilhomme de la Chapelle Royale, et chanta à l’occasion du couronnement du roi Charles II d’Angleterre. Henry l’aîné eut trois fils, Edward, Henry, et Daniel — ce dernier fut aussi un compositeur prolifique.
Après la mort de son père en 1664, le jeune Henry Purcell fut placé sous la garde de son oncle Thomas Purcell, qui lui montra une grande affection. Thomas était aussi un gentilhomme de la chapelle de Sa Majesté, et s’arrangea pour qu’Henry soit reçu comme choriste. Henry étudia d’abord auprès du Capitaine Henry Cooke (mort en 1672), maître des enfants, puis auprès de Pelham Humfrey (mort en 1674), le successeur de Cooke.

On dit que Purcell composa dès l’âge de 9 ans ; mais l’œuvre la plus précoce qui peut lui être attribuée est une ode pour l’anniversaire du Roi, écrite en 1670 (les dates de ses compositions sont souvent incertaines, malgré de nombreuses recherches). Après la mort d’Humfrey, Purcell poursuivit ses études auprès de John Blow. Il fréquenta la prestigieuse école Westminster School et fut nommé organiste à l’Abbaye de Westminster en 1676. La même année, il composa la musique d’Aureng-Zebe, une pièce de John Dryden, et celles d’Epsom Wells et The Libertine, pièces de Thomas Shadwell. Elles furent suivies en 1677 par la musique de la tragédie d’Aphra Behn, Abdelazer, avec le fameux rondeau en ré mineur, et en 1678 par l’ouverture et la pantomime pour la nouvelle version du Timon of Athens de Shakespeare. Le chœur In these delightful pleasant groves y est toujours interprété.

En 1679, il écrit quelques chants pour Choice Ayres, Songs and Dialogues, de John Playford, et aussi un hymne, dont le nom demeure inconnu, pour la Chapelle Royale. Par une lettre écrite par Thomas Purcell, et qui existe toujours aujourd’hui, on apprend que cet hymne a été composé pour la voix exceptionnelle du Révérend John Gostling, alors à Canterbury, mais qui devint gentilhomme de la chapelle de Sa Majesté. Purcell écrivit plusieurs hymnes à des époques différentes, pour cette voix extraordinaire, une basse profonde, connue pour avoir une gamme de deux octaves complètes, du Ré au-dessous de la portée au Ré au-dessus de celle-ci. Les dates de ses compositions sacrées sont très peu connues ; l’exemple le plus notable est peut-être l’hymne They that go down to the sea in ships. En action de grâces pour un sauvetage providentiel du Roi, menacé de naufrage, Gostling, qui fut de la fête royale, assembla quelques vers des Psaumes sous forme d’hymne, et demanda à Purcell d’écrire la musique. L’œuvre est très difficile, incluant un passage qui traverse toute la gamme de la voix de Gostling, commençant au plus haut ré et descendant deux octaves plus bas.

En 1680, Blow, qui avait été nommé organiste de l’Abbaye de Westminster en 1669, démissionna de son office en faveur de son élève, qui n’était âgé que de 22 ans. Purcell se consacra alors entièrement à la composition de musique sacrée et pendant six ans, rompit ses liens avec le théâtre. Cependant, au début de l’année, probablement avant d’entrer en fonction dans son nouvel office, il avait produit deux œuvres importantes pour la scène, la musique pour le Theodosius de Nathaniel Lee, et la Virtuous Wife de Thomas d’Urfey. La composition de son opéra Didon et Énée, qui constitue un repère très important dans l’histoire de la musique dramatique anglaise, a été tardivement attribuée à cette période, bien que sa première représentation, selon W. Barclay, ait dû avoir lieu entre 1688 et 1690. L’Opéra apparaît dans un livret, écrit à la demande de Josiah Priest, un professeur de danse, maître de ballet à la cour, qui dirigeait aussi un pensionnat pour jeunes filles, d’abord à Leicester Square puis à Chelsea, où l’on pense qu’il a été donné pour la première fois. Il est considéré comme le premier opéra anglais authentique. Bien qu’il doive beaucoup à des semi-opéras et pantomimes plus anciens, et tout spécialement le Vénus et Adonis de Blow, il n’y a pas de dialogues, au lieu de cela l’action progresse en recitativo. Didon et Énée n’a jamais trouvé sa place au théâtre, bien qu’il apparaît avoir été très populaire dans certains cercles privés. On pense qu’il a été souvent copié, mais un seul chant fut imprimé par la veuve de Purcell dans Orpheus Britannicus, et l’œuvre entière demeura sous forme manuscrite jusqu’en 1840, date à laquelle elle fut enfin imprimée par la Musical Antiquarian Society, sous la direction de Sir George Macfarren.

Aussitôt après son mariage, en 1682, à la mort d’Edward Lowe, Purcell fut nommé organiste de la Chapelle Royale, un office qu’il lui fut possible de tenir simultanément avec celui qu’il occupait déjà à l’Abbaye de Westminster. Son premier fils naquit la même année. Sa première composition imprimée, Twelve Sonatas -Douze Sonates- fut publiée en 1683. Pendant plusieurs années après cela, il fut occupé par la composition de musique sacrée, d’odes adressées au roi et à la famille royale, et d’autres œuvres du genre. En 1685 il écrivit deux de ses plus beaux hymnes, I was glad et My heart is inditing, pour le couronnement du roi Jacques II d’Angleterre.

En 1687, il renoua avec le théâtre en composant la musique pour la tragédie de Dryden, Tyrannick Love. Cette même année, Purcell écrivit aussi une marche et un « quick-step » qui devinrent si populaires, que Lord Wharton adapta le dernier aux vers fatals de Lillibullero; et en janvier 1688, ou peut-être avant, il composa son hymne Blessed are they that fear the Lord (Bénis soient ceux qui craignent le Seigneur) à la commande expresse du Roi. Quelques mois plus tard il écrivit la musique pour la pièce d’Urfey, The Fool’s Preferment (La Promotion des Imbéciles). En 1690 il écrivit les chants pour la version de Dryden de The Tempest de Shakespeare, incluant Full fathom five et Come unto these yellow sands, ainsi que la musique pour l’adaptation de Betterton de la Prophetess (appelée par la suite Dioclesian) de Fletcher et Massinger, et l’Amphitryon de Dryden. En 1691 il produisit son chef d’œuvre dramatique, King Arthur, écrit également par Dryden, et publié pour la première fois par la Musical Antiquarian Society en 1843. En 1692, il composa chants et musique pour The Fairy Queen (une adaptation de A Midsummer Night’s Dream de Shakespeare), dont la partition fut redécouverte en 1901 et publiée par la Purcell Society.

Le Te Deum and Jubilate de Purcell fut écrit pour la Sainte Cécile, en 1693, le premier Te Deum anglais jamais composé avec accompagnement orchestral. Cette œuvre était jouée chaque année à la Cathédrale Saint-Paul de Londres jusqu’en 1712, après quoi elle fut jouée alternativement avec le Utrecht Te Deum and Jubilate d’Haendel jusqu’en 1743, quand les deux œuvres furent remplacées par le Dettingen Te Deum d’Haendel.

Il composa un hymne et deux élégies pour les funérailles de la reine Marie II. Outre les opéras déjà mentionnés, Purcell écrivit Don Quixote, Boudicca, The Indian Queen et d’autres encore, beaucoup de musique sacrée, et de nombreuses odes, cantates ainsi que d’autres morceaux divers.

Il mourut dans sa demeure de Dean’s Yard à Londres en 1695, au sommet de son art ; il avait seulement 36 ans. Il laissa une femme et trois enfants, sur les six qui lui naquirent. Sa veuve décéda en 1706, après avoir publié nombre de ses œuvres, dont la désormais célèbre collection Orpheus Britannicus, en deux volumes, publiée en 1698 et 1702.

 


 

 

 

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